Coronavirus et Afrique – en Afrique du Sud, une réponse rapide et décisive

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Le système de santé est-il suffisamment résistant pour faire face à l’épidémie ?

En comparaison avec les pays développés, nous disposons d’un nombre relativement faible de professionnels de santé, d’appareils respiratoires et de lits d’hôpitaux, en particulier de lits d’unités de soins intensifs (USI) : 2,2 lits pour 1 000 et 0,09 lit d’USI pour 1 000. Notre système de santé privé dispose de ressources plus importantes que le système public, c’est pourquoi une stratégie évidente consiste à mettre en commun les ressources de façon temporaire, afin de maximiser la capacité d’accueil pour l’ensemble de la population. Nous avons pu développer des tests de dépistage dans les secteurs public comme privé, grâce à la mise en place de centres de dépistage accessibles depuis les voitures des patients (“drive-through“) la semaine dernière, à l’augmentation du nombre de laboratoires publics, et à l’obtention de résultats de tests plus rapides. Cela permettra d’accroître le nombre de tests réalisés et d’améliorer la réponse à la crise. La semaine dernière a également été marquée par un certain assouplissement de la régulation en matière de télémédecine, ce qui contribuera à alléger les contraintes pesant sur le système.

Seul l’aplatissement de la courbe permettra d’éviter que le système de santé sud-africain ne soit débordé.

Quel sera l’impact économique du coronavirus en Afrique du Sud ?

L’instauration du confinement a eu pour effet de cristalliser les implications économiques de la pandémie. Les conséquences économiques sont désastreuses, car l’Afrique du Sud dispose d’une marge de manœuvre budgétaire limitée, et son économie est déjà en situation de récession, comme l’indique la contraction de 1,4 % au 4e trimestre 2019.

L’aide de l’État aux petites et moyennes entreprises est dérisoire par rapport à l’ampleur potentielle des retombées économiques. En ce qui concerne la pression économique sur les entreprises, une augmentation spectaculaire du chômage est à prévoir (sur une base déjà élevée : 38,7 % selon la définition élargie). Le Fonds d’assurance chômage versera une allocation de l’ordre du salaire minimum aux chômeurs en raison du confinement. Ainsi, 18 % des personnes employées pourront devenir chômeurs et toucher ces allocations, même s’il n’est pas certain que cette mesure soit suffisante (comme le signalent les premiers chiffres concernant le chômage aux États-Unis). On s’inquiète également de la capacité opérationnelle à permettre un traitement à grande échelle des prestations, ainsi que des implications à plus long terme pour la viabilité du Fonds. Bien que le Fonds dispose d’un excédent, la baisse de la valeur des investissements, la réduction du nombre de cotisants et la forte augmentation des demandes de remboursement risquent de l’éroder rapidement.

Le Fonds n’atteint que les personnes disposant d’un emploi formel. Heureusement, le système d’aide sociale existant permettra de maintenir un flux de fonds vers les ménages. Cependant, il sera bien plus difficile de venir en aide aux travailleurs sans papiers et à l’important secteur informel. De la même manière, les personnes qui ne relèvent d’aucun des systèmes de sécurité sociale existants seront les plus difficiles à atteindre.