Conakry: les ministres guinéen et sierra-léonais président une rencontre sur l’interconnexion…

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L’interconnexion des pays africains, c’est cet ambitieux projet qui a abondamment alimenté ce vendredi 5 avril les débats d’une rencontre sous-régionale qui a été rehaussée par la présence du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique, Moustapha Mamy Diaby, de son homologue sierra-léonais Mohamed Rahaman Swaray qui avaient à leurs côtés, le Directeur général de Smart Africa Lancina Koné.

D’après Lancina Koné, Directeur général de Smart Africa, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet phare porté par la Guinée au sein de l’organisation Smart Africa qui est celui de la connectivité intra africain. C’est-à-dire, a-t-il expliqué, comment lier les pays membres et les pays non-membres de Smart Africa par la fibre optique qui va contribuer à faire baisser le coût de communications.

Pour le ministre sierra-léonais de l’Information et de la Communication Mohamed Rahaman Swaray, l’Afrique a perdu assez de temps par rapport aux trois premières révolutions industrielles. Maintenant, a-t-il indiqué, l’Afrique ne doit pas être absente au rendez-vous de la quatrième révolution qui celle des digitales.

«Dans le passé, beaucoup de pays ont fait la compétition dans les domaines des ressources naturelles (diamant, or, bauxite). Aujourd’hui, l’Afrique ne doit pas rester en marge par rapport à la transformation numérique qu’elle peut utiliser pour pouvoir développer le continent », a-t-il remarqué.

«En termes d’infrastructure, la Sierra Léone a un câble sous-main et 1010km de fibres optiques déployées couvrant ainsi 45% du territoire national. Pour rappel, le mois passé, nous avons signé un contrat qui va nous permettre d’avoir 700km de plus. La fibre optique est arrivée jusqu’au niveau de Pamelap, à la frontière avec la Guinée. Nous attendons que ce projet puisse démarrer pour non seulement améliorer la connexion pour les citoyens mais aussi, pour réduire le coût  des communications entre les pays. L’intégration de l’Afrique peut se faire plus rapidement avec le numérique», a-t-il estimé.

De côté, le ministre guinéen des Poste, Télécommunication et de l’Economie numérique, Moustapha Mamy Diaby, a, dans intervention,  tenu à mettre un accent particulier sur l’immensité de la responsabilité qui sera celle de la Guinée dans la conduite de ce projet continental d’interconnexion des pays africains. «Il s’agit d’aboutir à la création d’un marché commun dans le secteur des Nouvelles Technologies et de la Communication et  que les trafics soient localisés sur le continent. Cela va nous permettre de créer plus de valeur tout en facilitant le déploiement de la Data center», a-t-il affirmé.

D’après le ministre Mamy Diaby, la Guinée a plus de 4 000km de fibres optiques déployées sur le territoire national. «La fibre optique du backbone national est déployée jusqu’à Pamelab. Elle va aussi jusqu’à Kourémali et jusqu’à Koundara  à la frontière de Guinée-Bissau en passant par Boké. Nous sommes en train de construire des infrastructures du côté de la région forestière pour aller vers Lola pour pouvoir faire l’interconnexion avec la Côte d’Ivoire. Je ne peux pas dire que tout est fini, mais l’interconnexion avec la Sierra Léone, le Mali est possible dans les deux mois à venir», a-t-il annoncé.

Poursuivant, le ministre Moustapha Mamy Diaby a fait comprendre que l’objectif va au-delà des pays membres de Smart Africa. «Il s’agit de faire en sorte que le trafic entre les pays africains reste en Afrique. C’est-à-dire quand un citoyen d’un pays africain veut joindre un autre citoyen du même continent, que cet appel ne transite pas dans un pays qui se trouve en dehors du continent. Cela suppose que nous n’avons des infrastructures à l’échelle nationale et que les infrastructures des pays respectifs sont interconnectés. Il ne s’agit pas seulement d’une question de souveraineté. Il est question d’un pragmatisme économique et d’opportunité. Au niveau de Smart Africa, il a été décidé de confier à la Guinée le volet relatif à l’interconnexion des pays. Cela suppose qu’il faut identifier des partenaires, les mécanismes tout en mobilisant des ressources, des gouvernements et les populations autour de cet idéal», a-t-il martelé le ministre guinéen des Postes, Télécommunications et de l’Economie Numérique.

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