Algérie : une marée humaine défile à Alger contre le 5e mandat de Bouteflika

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Alger a connu vendredi sa mobilisation la plus importante depuis le début du mouvement de protestation contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat. Une marée humaine, difficile à mesurer en l’absence de chiffres officiels, qui était peu impressionnée par les mises en garde sur les risques de “chaos” lancées par le chef de l’Etat. A Oran et Constantine, respectivement deuxième et troisième villes du pays, la mobilisation a également été très supérieure à celle des deux vendredi précédents. Des manifestations de grande ampleur ont été également été signalées dans de nombreuses villes à travers le pays.

Ces rassemblements coïncident avec la célébration du 8 mars, Journée internationale des Femmes, et un grand nombre d’entre elles ont figuré parmi les manifestants de tous âges qui ont défilé dans le calme, aux cris de “Pouvoir, assassin”, ou “Pas de 5e mandat, eh Bouteflika!”. La police a cependant fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes pour disperser des manifestants qui tentaient de forcer un cordon de police bloquant l’accès à une artère remontant vers la présidence de la République, selon un journaliste de l’AFP.

Des femmes nombreuses dans les cortèges

Une foule impressionnante était toujours présente vers 17h30 dans le centre d’Alger, où les policiers, initialement présents en nombre étaient totalement invisibles. Les précédents cortèges avaient aussi été pacifiques, un des mots d’ordre de la contestation déclenchée le 22 février, à l’exception de quelques heurts localisés à Alger entre petits groupes de casseurs et policiers en fin de manifestation.

A Oran, toute la ville “est sortie, c’est du jamais vu”, a rapporté un journaliste, faisant état d’une mobilisation beaucoup plus importante que les deux précédents vendredis. Enormément de femmes sont présentes, pratiquement la moitié des manifestants, a-t-il ajouté. A Constantine, aussi, “il y a une très grosse mobilisation” et “beaucoup plus de monde” que les 22 février et 1er mars, selon un journaliste sur place. Les gens, dont de nombreuses femmes, ont défilé dans une ambiance bon enfant.

Le message de Bouteflika peu entendu

Un journaliste local a également parlé à l’AFP d’une foule “impressionnante” à Annaba, quatrième ville du pays. La mobilisation était également qualifiée d'”impressionnante” à Béjaïa, dans la région de Kabylie. Des sources sécuritaires ont signalé des marches “massives” à Tizi-Ouzou, autre ville de Kabylie, Tiaret et Mascara. D’autres manifestations ont été également enregistrées à Ghardaïa, M’sila, Sidi bel Abbes et Tlemcen, selon ces sources.

Les manifestants ont donc fait peu de cas du message que leur a adressé jeudi Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, hospitalisé en Suisse depuis plus de dix jours et dont le retour au pays n’a toujours pas été annoncé. Le chef de l’Etat, présenté par ses partisans comme le garant de la paix dans le pays, a mis en garde dans son message, sans les nommer, contre les ennemis “insidieux” et ceux “qui conspirent” contre l’Algérie et veulent semer “le chaos”. En creux, le chef de l’Etat, très diminué par les séquelles d’un AVC dont il a été victime en 2013, réaffirme qu’il n’entend pas renoncer à briguer un 5e mandat lors de la présidentielle du 18 avril.

(avec AFP)

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