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Algérie : face à un Premier ministre factice, le peuple toujours en lice

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C’est un exercice très particulier auquel se sont livrés les journalistes présents jeudi matin à la première conférence de presse donnée par le nouveau chef du gouvernement algérien. Noureddine Bedoui, récemment nommé à la tête de l’exécutif, a annoncé la composition future d’un gouvernement «jeune», «formé de technocrates» et chargé d’assurer la transition jusqu’à l’établissement de nouvelles «élections libres et démocratiques», et l’écriture d’une nouvelle Constitution, avènement d’une seconde République.

Au-delà des promesses faites d’amener le pays vers une ouverture politique, c’est davantage le contexte dans lequel s’inscrit l’action gouvernementale qui pose problème aux journalistes présents dans l’assistance. Au sein de la presse algérienne comme dans la rue, nombreux sont ceux qui marquent un rejet quant à la prolongation du quatrième mandat du président Bouteflika, ainsi que la suspension de l’élection présidentielle. C’est notamment, à la veille de la quatrième manifestation nationale prévue ce vendredi, la position de l’ordre des avocats d’Alger, qui rejette les décisions de la présidence et appelle à maintenir les manifestations.

«Neutre». Aux questions souvent insistantes des journalistes au sujet du contrôle exercé sur la presse ou encore la légalité des décisions de l’exécutif, Noureddine Bedoui multiplie les formulations vagues, comme «nous sommes tous les enfants de l’Algérie», ou encore sur la nécessité de «donner un rôle important à la jeunesse», évitant ainsi de répondre sur le fond. Des réponses qui sont loin d’avoir convaincu les journalistes ayant assisté à la conférence de presse. Et encore moins les Algériens en général, déterminés à poursuivre la mobilisation en exigeant le départ de l’ensemble de la classe politique au pouvoir. «Il y a soit une incompréhension, soit une déception, soit un rejet de ces choix politiques, qui cadrent mal avec les déclarations du 11 mars du Président d’amorcer une période de transition», indique Louisa Dris-Aït Hamadouche, maîtresse de conférences à la faculté des sciences politiques et des relations internationales d’Alger-III.

La nomination d’un Premier ministre issu de la précédente équipe gouvernementale, dans laquelle il occupait alors le poste de ministre de l’Intérieur, ne coïncide pas vraiment avec la volonté de rupture réclamée par la population pour l’instauration d’une transition démocratique. «Il aurait fallu reconstituer un gouvernement neutre et qui n’est pas impliqué dans la gestion récente des affaires du pays», souligne Louisa Dris-Aït Hamadouche.

Mais plus encore, la question de l’anticonstitutionnalité de la prolongation du mandat présidentiel fait débat au sein des juristes et des constitutionnalistes du pays. La date butoir du 28 avril, qui correspond à la fin officielle du quatrième quinquennat du président Bouteflika, place ce dernier dans une situation d’irrégularité juridique évidente, difficile à justifier sur un plan légal. En attendant, les appels à manifester se multiplient à travers le pays. Le mouvement social, né au lendemain du 22 février, jour de la première grande manifestation spontanée dans la capitale, tente de s’organiser.

Embryonnaire. S’il est encore trop tôt pour voir l’émergence de leaders issus de la société civile, «c’est une conséquence logique et nécessaire de transformer le rejet populaire en projet politique concret. Et ce sont les futurs leaders de ce projet politique qui pourront traduire les revendications», précise la maîtresse de conférences. En parallèle, les partis d’opposition, qui ne sont pas considérés comme partie prenante du système politique en place, tentent de se coordonner et de produire un discours homogène, tels que le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Mouvement de la société pour la paix (MSP), le parti Ennahdha, ainsi que d’autres personnalités.

Bien qu’embryonnaire, une alternative politique et citoyenne tente de se dessiner progressivement. La pression exercée depuis plusieurs semaines a vu des démissions en chaîne, tant au sein du FLN, parti historique au pouvoir depuis l’indépendance en 1962, qu’au sein du Forum des chefs d’entreprise (FCE), réputé proche du clan présidentiel. C’est une sorte de bras de fer qui semble se jouer actuellement entre les acteurs du pouvoir qui tentent de gagner du temps et le mouvement populaire déterminé à se faire entendre.

Amaria Benamara correspondance à Alger

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